J’aurais voulu l’inventer : le Post-it

Grand classique des cours d’innovation, l’histoire du Post-it et de l’entreprise 3M qui l’a commercialisé n’en sont pas moins passionnants.

3M a connu son premier succès commercial grâce au scotch, dans les années 1920. Tout en se focalisant toujours autour des rubans et des colles, la société se diversifie avec le temps, avec les bandes d’enregistrement pendant la seconde guerre mondiale ou encore la surface abrasive Scotch-brite en 1950. Ce qui n’a jamais changé : des chercheurs qui travaillent sans application industrielle en tête… Ils découvrent alors des matériaux aux propriétés nouvelles et en trouvent ensuite des applications pratiques. Quelque part, c’est un peu comme la recherche fondamentale face à la recherche appliquée : on ne sait pas aujourd’hui ce que ça va nous apporter, mais on peut être certain que les plus grands bouleversements de demain viendront de là… (aujourd’hui déjà, le photovoltaique, le GPS ou encore internet découlent directement de la recherche fondamentale).

Peut-on d’ailleurs généraliser et dire que la recherche appliquée ne peut qu’aboutir à de l’innovation incrémentale et que la recherche fondamentale peut amener à de l’innovation de rupture ? Bon, je m’écarte de mon Post-it là…

Le Post-it, justement… pas étonnant dans ce contexte d’entreprise que lorsqu’un chercheur découvre, en 1970, un adhésif qui se colle et se décolle à l’infini sans laisser de trace, ils aient inventé le Post-it ! Et pourtant, il aura fallu qu’un des collègues dudit chercheur utilise sa colle pour créer des marques pages pour ses partitions de chorale, puis qu’il parvienne à convaincre les responsables de 3M que ce produit avait de l’avenir, et enfin développer et industrialiser le produit pour une sortie… 10 ans plus tard, en 1980.

Même si il est a priori difficile d’identifier ce qui a germé dans l’esprit de ce chanteur de chorale d’utiliser cette colle sur de petits bouts de papier, en réalité, c’était plus probable que cela arrive chez 3M qu’ailleurs. Cette entreprise a toujours placé l’innovation et la créativité au coeur de son métier : ils déposent actuellement près de 600 brevets chaque année et sont réputés pour avoir très tôt utilisé les « sorties créatives » ou comment donner une journée complète à tous ses employés pour les lâcher dans la nature à la recherche d’idées nouvelles…

Et vous, peut être avez-vous une idée Post-it qui dort dans votre entreprise ? Faites-vous tout ce qui est possible pour ne pas passer à côté ?

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2 Responses to “J’aurais voulu l’inventer : le Post-it”

  1. Marie 25 mai 2011 at 1 h 59 min #

    oui mais le brevets sont ils utiles? (sachant qu’il y a des personnes qui deposent des brevets pour occuper un secteur) Les brevets sont ils deposes par des profiteurs de brevets? (cad qu’ils veulent juste qu’on leur rachete leru brevet), et le pays dans lequel est pose le brevet, c’est la france ou les USA? parce qu’avant, en France, yavait enormement de brevets deposes mais comme ils etaient pas controles par l’etat, possible qu’ils servaient a rien du tout! En revanche aux USA, il y avait un controle (notamment de Thomas Jefferson lui meme)… Bref, quelle histoire que celle des brevets!!
    (non non, je n’ai pas examen d’histoire de l’economie depuis la fin du 18eme siecle demain… :s)

    • SLepoutre 25 mai 2011 at 11 h 19 min #

      C’est une vraie question aujourd’hui de savoir si on dépose un brevet ou non.
      Il y a la partie « protection de la technologie » qui est essentielle, surtout si ton brevet porte sur une innovation difficilement contournable (comme la colle à post-it…). Dans ces cas là, ton invention est protégée 20 ans. Le gros soucis que je vois aujourd’hui au dépot de brevet, c’est l’internationalisation de l’information. N’importe qui peut trouver ton brevet sur une base de donnée et le copier (vu que les détails techniques sont dedans) à moins que tu aies pris la précaution de le protéger dans tous les pays du monde (ou presque).
      Donc en gros, ou on ne protège pas, ou on protège partout (et là, ce n’est plus 400 €…). Dernier avantage peut être, crédibiliser son produit et valider son innovation. Dans ce cas, c’est une sorte de « certification ». Et puis il y a, comme tu le précises, les personnes qui déposent un brevet pour le revendre, ou pour faire des partenariats avec les concurrents.
      Je me pencherai sur la question plus tard de toutes façons. Je n’ai pas encore pris ma décision à ce sujet.

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